Esther

Durée du spectacle : 1h15
Public-cible : adultes et adolescents

Il vaut mieux briser les règles avant que les règles ne nous brisent.

Nouvelle-France, 1738
Au printemps, débarque de la frégate Le Saint-Michel un jeune moussaillon, Jacques Lafargue. Dès sa sortie du bateau, on l’arrête et « il » comparaît devant le commissaire de la Marine, M. Varin de la Mare. : « …est comparue Esther Brandeau… en habit de garçon, sous le nom de Jacques Lafargue… » M. Varin de la Mare.
Extrait des Archives nationales du Canada (C11 A-B, 71, 72)

Esther, c’est l’histoire vraie d’une jeune femme de 15 ans envoyée par ses parents en bateau à Amsterdam pour se marier, mais un naufrage a été… son salut. Éprise de liberté sans compromis, elle ne retourne pas dans sa famille mais se travestit en jeune garçon et vit ainsi, pendant 5 ans, entre la Rochelle, Nantes, Biarritz… à travailler dur dans les ports et sur les bateaux. Puis, Esther tente sa chance en Nouvelle-France. Mais dès son arrivée à Québec, elle est démasquée, en tant que femme et en tant que juive. Elle y reste un an, en attente du dégel du Saint-Laurent puis elle est renvoyée sur un bateau. Esther, la première Juive « déclarée » dans ce pays neuf, a marqué l’imaginaire de cette époque. Nul ne sait ce qu’il est advenu d’elle après, mais moi, j’ai ma petite idée…

Françoise Crête, conteuse sur Vimeo.

Cette histoire a une étonnante résonance avec notre époque : intolérance face à certaines religions et désir d’asservir les femmes. Devant ce carcan imposé, hier comme aujourd’hui, des femmes résistent et brisent les règles pour conserver leur liberté. Malgré ces références sensibles, le spectacle est ponctué de plusieurs touches d’humour.

Conte et objets
Françoise Crête conte cette fabuleuse histoire en intégrant ponctuellement des « bulles » ou insertions de théâtre d’objets qui se marient fort bien avec le conte, objets qui auront valeur de symboles pour appuyer certains éléments de l’histoire. Olivier Ducas et Francis Monty, du Théâtre de la Pire Espèce, lui ont offert un soutien artistique en ce sens. Chants et musique viendront aussi nourrir le conte d’Esther.